Vibe coding : définition et enjeux à l’hôpital

Le vibe coding consiste à créer une application en décrivant son besoin en langage courant à une IA générative, sans écrire de code. L’IA produit l’interface, la logique, et souvent la base de données et l’hébergement.

Autrement dit, une phrase suffit désormais à obtenir un outil qui fonctionne.

D’où vient le terme

Le mot a une date de naissance précise : le 2 février 2025. Andrej Karpathy, ancien directeur de l’IA chez Tesla, membre fondateur d’OpenAI et qui vient de rejoindre Anthropic, autant dire que c’est pas le dernier des clowns en terme d’ia. Il a publié ce jour-là un message sur X qui décrit cette nouvelle façon de programmer. Dans son message, il visait explicitement des projets jetables de week-end, des expérimentations sans enjeu, pas des systèmes de production.

Le terme a pourtant échappé à son auteur. En novembre 2025, le dictionnaire Collins en a fait son mot de l’année.

Comment ça marche, concrètement

Vous écrivez : « Je veux une application pour suivre les demandes de matériel du service, avec un formulaire et un tableau de suivi. » Quelques minutes plus tard, l’application existe. Elle a une adresse web, des comptes utilisateurs, une base de données.

Vous voulez un filtre par date ? Vous le demandez. Un export ? Vous le demandez aussi. On construit en conversant.

Aucune compétence technique n’est nécessaire pour obtenir un résultat qui marche. C’est exactement ce qui change la donne.

Ce que cela change à l’hôpital

Les outils bricolés dans les services ne sont pas nouveaux. Un fichier Excel partagé, une base Access héritée, un formulaire en ligne. Jusqu’ici, il fallait un utilisateur avancé pour les construire. Ils restaient donc rares.

Avec le vibe coding, le coût d’entrée disparaît. N’importe quel professionnel peut créer une application depuis son téléphone ou son ordinateur personnel. Le vibe coding arrive à l’hôpital par la petite porte, exactement comme les IA conversationnelles il y a trois ans.

La différence tient en une phrase. Un chatbot produit du texte. Une application vibe codée stocke des données.

Les risques propres au secteur de santé

Les données. Toute application qui manipule des données de santé à caractère personnel doit être hébergée chez un hébergeur certifié HDS. Une plateforme grand public ne l’est généralement pas.

La conformité. Dès qu’une application traite des données personnelles, elle doit figurer au registre des traitements. La responsabilité incombe à l’établissement, pas à l’agent qui l’a créée.

La sécurité. Le code généré est syntaxiquement juste bien plus souvent qu’il n’est sûr.

La continuité. Une application finit toujours par tomber. Si personne n’a prévu comment le service travaille ce jour-là, la panne devient un incident.

La dépendance à une personne. L’application vit souvent sur le compte de son auteur. Il change de service, et plus personne n’y a accès.

Interdire ou encadrer

Le premier réflexe est d’interdire. Mais interdire le vibe coding ne protège rien. Le besoin ne disparaît pas, il sort du champ de vision. Et l’interdiction est inapplicable sur des comptes et des téléphones personnels.

L’alternative, c’est de changer le point d’application du contrôle. Il s’exerce une fois sur le cadre, c’est-à-dire l’infrastructure, l’authentification et le périmètre des données, au lieu de s’exercer sur chaque application. C’est le principe du CLAS (Centre Local d’Applications en Santé).

Questions fréquentes

Faut-il savoir coder pour faire du vibe coding ?

Non. C’est précisément ce qui le distingue des outils de développement classiques. En revanche, il faut savoir décrire précisément son besoin, et vérifier ce que l’outil produit.

Le vibe coding est-il interdit à l’hôpital ?

Aucun texte ne le vise spécifiquement. Ce qui s’applique, ce sont les règles sur les données : le RGPD, l’hébergement certifié HDS, et la politique de sécurité de l’établissement.

Une application vibe codée peut-elle traiter des données de santé ?

Seulement si elle est hébergée sur une offre certifiée HDS, inscrite au registre des traitements, et validée selon le circuit de l’établissement. Hors de ce cadre, non.